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Philippe Leduncq
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Radars - Match radar contre giratoire

Radar plutôt que giratoire, c'est la sécurité qui perd !


En 2009, l'installation de 165 radars fixes aura coûté 10,4 millions d’euros soit 63 030 € par machine selon le Ministère du budget. Pour fin 2010, l'Etat prévoit avoir mis en circulation 320 nouveaux radars automatiques pour 21,6 millions d’euros, soit des radars un peu plus cher à l'unité : 67 500 €. Une paille à côté d'un radar de respect des feux rouges (94 100 € l'unité) ou d'un radar de contrôle aux passages à niveaux (135 000 € pièce). Chaque radar coûte en plus 2 450 € à installer. Par ailleurs remettre en marche un radar vandalisé coûte en moyenne 8 010 €.

radar_fouilloy.jpgLe coût du radar récemment implanté derrière son rail de protection sur la D1 à Fouilloy et aussitôt vandalisé avoisinerait donc déjà les 80 000 € avant même d’avoir émis le premier flash. Hors du point de vue « ponction financière des usagers de la route », le choix d’implantation de ce radar est doublement inepte. Il n’empêchera pas les usagers impatients après un temps d’attente souvent très long aux heures de pointe de s’engager impulsivement dans les intersections et les véhicules qui empruntent cet axe ont beaucoup plus de facilités à prendre de la vitesse dans l’autre sens de circulation. A 90 km/h, le risque d’accident ainsi que la gravité qui en découle ne sont donc en rien diminués par ce radar.

Pourtant, pas plus cher qu'un carrefour classique, le ticket d’entrée pour un carrefour giratoire à priorité à l'anneau (1) est à 100 000 € et cela aurait été beaucoup plus bénéfique pour la sécurité des usagers sur cet axe très fréquenté avec 2 carrefours successifs : Réduction naturelle de la vitesse des usagers, amélioration des échanges par la diminution de l’attente des véhicules pour s’engager dans le carrefour, possibilité de demi-tour, orientation plus facile, rapidité de mise en œuvre, peu de maintenance… Selon le CETE (2), plus le giratoire est grand, plus son prix augmente, c'est logique et cela peut aller jusqu’au million d’euros. Mais le plus souvent, c'est l'acquisition du terrain qui fait flamber le prix final (environ 450 m2 souvent répartis sur plusieurs propriétaires sont nécessaires pour un giratoire à 4 branches d’un rayon extérieur de 25 mètres). Hors ce prix d'achat, en moyenne, 40% des crédits sont consacrés à la chaussée, 30% à la décoration, 25% aux trottoirs et enfin 5% à la signalisation. Les postes décoration et trottoirs sont très variables selon qu’il s’agit d’une implantation en ou hors agglomération. En déviant la circulation pendant les travaux pour une plus grande rapidité d'exécution, la réalisation d’un giratoire peut ne prendre que 2 à 3 mois selon qu’il y ait nécessité ou pas d’y étendre le réseau d’éclairage public. Mais un radar dépend du budget de l’Etat alors que le coût d’un giratoire sur une route départementale est à la charge du Conseil Général qui n’a de cesse de dénoncer le désengagement de l’Etat. On tourne en rond comme dans un giratoire sans sortie.

Jean-Paul Lhuillier, spécialiste Routes et autoroutes au Certu (3), a participé à l'élaboration du « Concept giratoire » et se souvient : « En 1972, il y a eu 18 000 morts sur les routes ! C'est à cette période que l'on a découvert la sécurité routière, notamment à cause des carrefours, très accidentogènes, en raison des usagers qui grillaient les stops ou les feux ». Cette même année, les premiers ronds-points font leur apparition en France. Il faudra attendre le décret du 6 septembre 1983 pour voir la priorité à l'anneau généralisée dans les carrefours giratoires mais il faudra attendre plus longtemps encore pour que chacun s’adapte à la perte de la priorité systématique au véhicule venant de droite. Mêmes si, faute de stages obligatoires et gratuits de réactualisation des connaissances (NDLR), ces nouvelles règles de priorité inspirées du modèle anglo-saxon mettent du temps à être comprises par tous, « la fréquence et la gravité des accidents diminue considérablement », affirme Jean-Paul Lhuillier.

panneau_giratoire.jpg dessin_giratoire.jpg

Justement, parlons un peu du modèle anglo-saxon. Un an après l'enlèvement des radars fixes dans la région de Swindon, les autorités d’Oxfordshire ont à leur tour supprimé tous leurs radars automatiques. En cause, la baisse des budgets de l’État et l’insuffisance des résultats en matière de sécurité routière. La démarche devrait se propager à toute l'Angleterre. Après 20 ans de règne et d'inspiration pour les pays voisins, les flashs britanniques devraient donc cesser de crépiter. Selon le délégué à la Sécurité Routière britannique, Robert Gifford, « les radars automatiques sont appelés à disparaître définitivement des budgets de fonctionnement de l’État ». Les régions qui ont désactivé les radars n’ont depuis, noté aucune hausse de l’accidentologie sur leurs routes.

Dans le même temps, les responsables politiques français préfèrent multiplier l’implantation de nouveaux radars et brouiller les pistes en éloignant le signalement des existants. Ce qui, pour l’avoir constaté, n’empêche aucunement les automobilistes de freiner brutalement à 10 mètres du radar. Bien au contraire, le conducteur se trouve en état d’alerte permanent, au risque de n’avoir que son compteur en tête et de perdre sa concentration sur la route elle-même. De plus, sur les 2x2 voies et les autoroutes, nous voyons beaucoup de « bouchons roulants » constitués de gens n’osant se dépasser de peur de le faire devant un radar et quand ils en ont l’audace, ils mettent un temps interminable pour le faire avant de se rabattre devant votre nez. Ainsi les distances de sécurité ne sont presque jamais respectées et la sécurité des usagers est limitée, comme dans toute chaine, au maillon le plus faible.

radar_coupdefrein.jpg depassement_autoroute.jpg

Le système tout répressif automatisé semble trouver ses limites mais la France le durcit encore afin de poursuivre sa rentabilité au détriment de l’amélioration des infrastructures et de la prévention par l’éducation des conducteurs.

(1) Sur un rond point « à l’ancienne », la priorité appartient aux véhicules qui entrent dans l’anneau (règle de la priorité à droite). Sur les « sens giratoires », ronds-points de la génération née avec la réglementation de 1983, la priorité appartient aux véhicules qui sont déjà sur l’anneau.

(2) Centre d'Etudes Techniques de l'Equipement

(3) Centre d'études sur les réseaux de transport et l'urbanisme

Date de création : 23/09/2010 • 21:39
Dernière modification : 24/09/2010 • 22:46
Catégorie : Radars

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