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En vrac - Lettre ouverte aux responsables de la sécurité publique
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Lettre ouverte aux responsables de la sécurité publique - 18 juillet 2011

« Sécurité routière, des personnes et des biens : malaise partagé »


Comme si les décisions du CISR (1) auxquelles nous nous opposons toujours fermement, non sans émettre de propositions constructives, ne suffisaient pas à polluer nos actions de prévention et de formation auprès des usagers de 2 et 3 roues motorisés, voilà que des faits répétés d'atteinte aux personnes que sont les motards et aux biens que sont leurs motos dans les quartiers dits sensibles nous amènent à interpeller les services de l’État.

En effet, nous n'aurions absolument pas eu besoin de consulter le dernier rapport de la Cour des comptes (2) qui épingle l'organisation et la gestion des forces de sécurité pour nous rendre compte que la délinquance et les agressions n'ont nullement baissé. Il suffit de lire les témoignages de plus en plus nombreux de « bike-jacking » (3) comme le dernier en date que nous venons de recevoir et que nous vous livrons tel que nous l'avons reçu : « Zone de non droit à Amiens : vol de moto avec violence sur le marché du Colvert. Motards, n'y allez plus... Le 3 juillet 2011 à 13h25 sur le marché du Colvert, j'ai été victime d'un vol de moto avec violence effectué par 3 adolescents du quartier qui sont passés à 3 sans casque sur ma moto devant un policer qui n'a eu aucune réaction jusqu'à ce que je me dirige vers lui et lui fasse part de la situation. J'ai alors été pris en charge par l'agent en question et ses collègues qui, après un tour dans le quartier, m'ont emmené au poste central pour que je dépose plainte... L'après-midi même je suis retourné sur les lieux de l'agression ou j'ai pu constater que ma moto circulait parmi de nombreuses autres de grosses et petites cylindrées sans plaque, conduites par des gens tête nue. J'ai alors alerté les services de police, signalant la position du véhicule à de nombreuses reprises,  jusqu'à ce qu'un policier m'explique qu'ils n'interviendraient pas du fait qu'ils ne peuvent pas les poursuivre et que le quartier est sensible. Plus tard, en parlant de ma mésaventure à d'autres personnes, j'ai pu constater que ce genre d'incident était monnaie courante, un policier m'a même déclaré : "de toutes façon le dimanche après-midi toutes les motos qui passent par l'avenue de l’Europe se font voler". Pour résumer, Amiens nord est une zone de non-droit où l'on peut se faire agresser et voler en plein jour devant tout le monde et où les voleurs peuvent s'afficher sans craindre la police qui n'y fait qu'acte de présence dans des zones bien délimitées. Pour le citoyen et contribuable que je suis, ceci est inacceptable, c'est une incitation à se faire justice soi-même et un désaveu de la fonction principale des services de police "protéger et servir". Dorénavant, j'ai honte de payer mes impôts et ne me sens plus du tout protégé dans la ville d'Amiens. Étant donné le nombre de motos volées qui circulent le dimanche après-midi avenue de l’Europe, je pense qu'une action collective des différentes victimes pourrait obliger les services publics à faire leur travail, même quand celui-ci ne consiste pas à mettre 90 € d'amende au pauvre gars qui va travailler ou faire ses courses et qui roule à 56km/h... Faites circuler l'info, parlez-en autour de vous, et soyez prudents dans ces zones où personne n'est là pour assurer votre sécurité. »

Quand nous recevons des témoignages tels que celui-ci, nous avons une crainte réelle que l'exaspération profonde et bien légitime de la population ne finisse par s'exprimer comme dans un mauvais western.

Ce ne sont pas les policiers et les gendarmes que nous pointons du doigt. Ils exercent dans leur grande majorité un métier difficile et complexe de service public garant de la sécurité des personnes et des biens avec la conviction profonde d’œuvrer pour le bien collectif.

Ce ne sont pas ces quartiers difficiles mais pourtant riches d'individus en recherche de solutions et d'aide face à une situation dont beaucoup souffrent et quelques-uns profitent que nous pointons du doigt.

Sur le même schéma que la sécurité routière qui privilégie le Contrôle Sanction Automatisé quand le non remplacement d'un départ en retraite sur deux se poursuit dans la Police et la Gendarmerie, l’État privilégie le développement de la vidéosurveillance, qu'il appelle vidéo-protection comme il a renommé les avertisseurs de radars en avertisseurs de zones dangereuses ou la police de proximité en police d'agglomération dont il faut qu'il nous explique comment elle va opérer dans un contexte de baisse drastique des effectifs et des moyens adaptés à la situation.

Depuis 2002, année durant laquelle l'actuel président de la République est devenu ministre de l’intérieur, un système de hiérarchie carriériste achetée à coup de primes de résultats quantitatifs démoralise les effectifs des forces de l'ordre qui ont de plus en plus peur d'intervenir dans certains quartiers mais aussi peur des conséquences de « dérapages » préjudiciables à leur avancement. Et avant-cela, si une certaine forme d'angélisme avait cours et que le concept de police de proximité demeurait perfectible, il avait au moins le mérite d'exister et de s'exercer en y associant population et tissu associatif.

Qui sont les auteurs de ces méfaits ? Une poignée de jeunes sans repères, souvent des mineurs manipulés par les plus grands, qui tendent des embuscades pour marquer leur territoire et le protéger des trafics auxquels ils se livrent. La plupart des habitants de ces quartiers ne cautionnent pas mais restent silencieux par peur des représailles. Des associations dont nous sommes, tenaces, sans naïveté mais de plus en plus démunies de moyens pour faire cesser cette situation, tentent de canaliser et responsabiliser ces jeunes pour qui la violence, énergie de leur désespoir, est devenue un banal passe-temps et qui fait une percée inquiétante jusque dans l'enceinte scolaire.

Ce malaise ancien et profond s'aggrave dangereusement depuis près de 10 ans. La précarité et la perspective d'un avenir bouché en sont les sources principales. Dans l'immédiat, il nous apparaît urgent de redonner à l’Éducation Nationale, aux associations et aux forces de sécurité les effectifs et les moyens de répondre à la population de façon plus constante, plus rapide et plus précise en les impliquant réellement dans leur propre fonctionnement et pas en simulant d'interminables concertations pour en arriver à leur imposer une lecture politique déconnectée du terrain.

Philippe Leduncq et Franck Périn

(1) Comité Interministériel de Sécurité Routière
(2) Rapport de la Cour des comptes sur la gestion des forces de sécurité – juillet 2011
http://www.ccomptes.fr/
(3) « bike-jacking » = vol avec agression du conducteur


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Date de création : 18/07/2011 • 14:26
Dernière modification : 18/07/2011 • 14:26
Catégorie : En vrac

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